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En psychologie, on parlerait sans doute de comportements cyclothymiques, maniaco-dépressifs ou encore bipolaires : depuis quelques jours sous l'effet des nouveaux développements de la crise de la zone euro, les investisseurs passent, sans transition, d'un pessimisme aux limites de la dépression à un enthousiasme étonnant.

 

Sur la semaine écoulée entre le lundi 24 et le vendredi 28 mai, le CAC 40, a opéré des mouvements de yo-yo spectaculaires, alternant des pertes de près de 4 % en séance et des rebonds de plus de 3 %. Au final, l'indice parisien a terminé la semaine sur un gain de 2,46 %. Il en fut de même à Londres (+ 2,48 % sur la période) et à Francfort (+ 2,01 %). En revanche, à New York, où les marchés étaient encore ouverts vendredi soir quand l'agence Fitch a annoncé la dégradation de la note de l'Espagne, le Dow Jones a cédé 0,56 % sur la semaine. A Tokyo, le Nikkei a, lui, abandonné 0,22 %.

 

Ces sautes d'humeur, bien que certainement exagérées, s'expliquent. En début de semaine, à l'issue d'une énième réunion de dirigeants de la zone euro, les solutions apportées pour résoudre les problèmes à court, moyen et long terme de l'Europe n'ont toujours pas semblé déterminantes.

 

La crise de la zone euro a alors pris des allures de crise bancaire, à l'image de celle qui avait sévi en 2008. Mardi, le Wall Street Journal s'est fait l'écho des difficultés rencontrées par une banque espagnole pour se refinancer. Dans la foulée, les actions du secteur financier en Europe devaient, une fois encore, plonger. Puis les marchés se sont affolés à l'idée que les déboires de l'Europe ne dégénèrent en crise économique mondiale. Les plans de rigueur, souvent radicaux, engagés par les Etats pour éponger leurs dettes ont fait redouter une rechute de la croissance sur le Vieux Continent, et par ricochet dans le reste du monde.

 

Le scénario un brin apocalyptique, défendu notamment par l'économiste américain Nouriel Roubini, d'un double dip, une courbe de reprise en "W", a refait surface. Dans la foulée, les actions du secteur des matières premières se sont effondrées ; aux Etats-Unis, celle du géant de l'aluminium Alcoa et celles de la Bourse ukrainienne, dont l'indice a chuté de 11,49 %, mardi. Un véritable cauchemar.

 

Les investisseurs ont-ils eu tort de tant s'affoler ? Peut-être. Selon Natacha Valla, économiste en chef chez Goldman Sachs en France, les plans de rigueur mis en place dans la zone euro pourraient entraîner un recul de 0,1 % à 0,6 % de son produit intérieur brut (PIB). C'est certes beaucoup pour une croissance déjà anémique, mais finalement peu dans l'absolu. En outre, "cet effet pourrait être neutralisé par ceux, positifs, liés à la récente baisse de l'euro", écrit Mme Valla dans une note publiée vendredi 28 mai.

 

Les marchés ont pris conscience de cette réalité. Ils ont réalisé que la croissance en Europe n'était sans doute pas la clé de celle du reste du monde. Que la Chine et les Etats-Unis, ne plongeraient pas dans la récession, que ces deux économies ne seraient pas emportées par la crise à l'oeuvre sur le Vieux Continent. Résultat, l'optimisme est revenu, et la psychose a disparu. Le "Vix", surnommé l'"indice de la peur" - il mesure la volatilité des marchés - a basculé de 45 en début de semaine à 29 vendredi. Le climat s'est donc apaisé.

 

Les investisseurs se seront souvenus qu'aux Etats-Unis la reprise est manifeste. Et même si la croissance au premier trimestre a été revue à la baisse, elle reste de 3 % en rythme annuel.

Ils sont revenus prudemment à l'achat. Les valeurs européennes dépendantes de la croissance américaine ou asiatique ont obtenu leurs faveurs, tout comme les valeurs dites "défensives". Il en est ainsi des titres du secteur de la pharmacie, comme Sanofi-Aventis (+ 4,71 %), une société censée ne pas trop souffrir des aléas de la conjoncture en Europe.

 

Les investisseurs n'ont, il est vrai, pas vraiment d'autre choix que de se tourner vers les actions pour espérer gagner de l'argent. Car sous l'effet de la crise, le rendement des obligations les plus sûres, comme les emprunts souverains allemands ou français à cinq ans, avoisine... 1 % à 1,5 %. "Ce n'est pas très sexy", commente Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.

 

Bourse : retour sur un semaine mouvementée

http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/29/violentes-sautes-d-humeur-des-bourses_1364934_3234.html

http://immobilier-finance-gestion.over-blog.com/

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Tag(s) : #Economie et société
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