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Sous la pression de Bruxelles mais aussi de Washington, le président du gouvernement espagnol accélère la mise en place de son plan de rigueur 2010-2013. Les salaires de la fonction publique vont être réduits de 5 % en moyenne et la revalorisation des retraites va être gelée l'an prochain.

 

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La mine défaite, José Luis Rodriguez Zapatero a dû rendre les armes. Cédant à la pression des marchés financiers, de ses partenaires européens, et du président Obama qui l'a appelé, la veille au soir, pour le presser de prendre des mesures supplémentaires face au risque d'une contagion grecque, il a annoncé, mercredi, une accélération de son plan de rigueur 2010-2013.

Après des mois de laxisme face à la dégradation constante de la situation économique de l'Espagne, qui compte 4,6 millions de chômeurs (20 % de la population active) et affiche un déficit des comptes publics représentant 11,2 % de son PIB en 2009, le président du gouvernement espagnol a ajouté 5 milliards d'euros d'économies supplémentaires au menu de cette année, et 10 milliards à celui de 2011.

La semaine dernière encore, il refusait de durcir son plan d'austérité de peur de nuire à la reprise. Son idée initiale était d'étaler les 50 milliards d'économies prévus sur les trois ans à venir pour ramener le déficit des comptes publics de l'Espagne sous la barre des 3 % en 2013, comme imposé par Bruxelles. Ce changement de rythme a été salué tant par l'Union européenne que par le FMI.

 

Le nouveau tour de vis est sévère. Il comprend une baisse moyenne de 5 % des salaires des 2,6 millions de fonctionnaires à dater du second semestre (les membres du gouvernement ainsi que les hauts fonctionnaires vont voir leurs émoluments réduits de 15 %) ; le gel de la revalorisation des retraites en 2011 ; la suppression du « chèque bébé » de 2.500 euros créé en 2007 pour relancer la natalité ; la réduction de 600 millions d'euros de l'aide au développement sur 2010-2011 ; de nouvelles coupes dans les dépenses pharmaceutiques (300 millions) et dans les investissements de l'Etat (6 milliards) et des communautés autonomes (1,2 milliard). Ce qui s'ajoute au plan d'économies présenté fin janvier, avec l'annulation de 7,5 milliards de dépenses budgétaires, une rationalisation des dépenses de santé (1,5 milliard), une réduction du nombre de fonctionnaires via le seul remplacement d'un départ sur dix, une hausse de deux points de la TVA à dater du 1 er juillet, et la fin d'une déduction fiscale de 400 euros dont bénéficiaient tous les contribuables.

En quelques semaines, le leader socialiste est ainsi revenu sur toutes ses promesses électorales de 2008. « Vous passerez dans l'histoire pour avoir réalisé la plus forte réduction des droits sociaux de la démocratie ! », lui a lancé Mariano Rajoy, le leader du parti populaire, la principale formation de l'opposition.

Fin de la paix sociale

Sans repousser l'idée de recourir à d'autres augmentations d'impôts, José Luis Rodriguez Zapatero affirme que ces mesures devraient permettre de ramener le déficit à 6 % du PIB en 2011, au prix d'une réduction de quelques décimales des prévisions de croissance de son gouvernement pour l'an prochain (1,8 %). « Beaucoup de citoyens ne comprendront pas qu'on leur demande ces efforts supplémentaires au moment même où on annonce une sortie de la récession de notre pays », a reconnu le président, le jour même où se confirmait une croissance du PIB de 0,1 % au premier trimestre.

C'est le cas des syndicats, qui promettent une réponse « massive » dans les semaines qui viennent. La fin de la « paix sociale » est d'autant plus menacée que le gouvernement veut boucler avant la fin du mois la réforme du marché du travail, passage obligé pour une réduction des déficits publics, selon le gouverneur de la banque d'Espagne. Aujourd'hui, l'Etat dépense, en effet, plus de 30 milliards d'euros, soit 3 % du PIB, en allocations chômage…

 

 

 

http://www.lesechos.fr/info/inter/020538361973-a-court-de-ressources-l-etat-espagnol-baisse-de-5-les-salaires-des-fonctionnaires.htm

http://immobilier-finance-gestion.over-blog.com/

 

Tag(s) : #Immobilier Espagne
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