Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A l'heure où les particuliers ne savent plus que penser des marchés financiers, les sentences de l'oracle d'Obama fournissent de précieux éclairages. Morceaux choisis parmi ses célèbres formules chocs.

Au début du mois de mai, ils étaient encore 40.000 financiers venus de toute la planète. Ils n'avaient pas hésité à se déplacer au fin fond du Middle West pour écouter Warren Buffett. L'investisseur américain façonne l'opinion des marchés depuis plusieurs décennies. Sa recette ? Formules chocs et bon sens au service d'un seul credo : le rendement.

De ce point de vue, l'homme a du talent. Depuis 1965, la performance annuelle de l'action Berk-shire Hathaway atteint 20,3 % quand, sur la même période, le S & P 500 progresse de 9,3 %. Un record ! Mieux, affublé désormais du surnom d'« oracle d'Omaha », Buffett est devenu une référence quasi incontournable dès lors que l'on attend des réponses en matière de stratégie d'investissements. Quoi de plus facile à l'entendre ! Sauf que si les principes fondateurs de sa fortune sont simples à comprendre, encore faut-il retenir que « le rétroviseur est toujours plus clair que le pare-brise ». Dans une actualité macroéconomique riche en mauvaises nouvelles et en rumeurs alarmistes, le bon sens du gourou peut être précieux. Et s'il écarte tout scénario catastrophe au prétexte de ne « pas aimer les films d'horreur », il n'en demeure pas moins utile de revenir sur quatre grands conseils qui ont contribué à bâtir sa renommée.

1-Penser par soi-même

D'abord, ne faire confiance à personne et « laisser les imbéciles lire ce qu'écrivent les imbéciles ». « Si déré » par le comportement moutonnier d'investisseurs prétendument intelligents, Buffett revendique une pensée propre, autonome et critique : « Moi, mes bonnes idées, je ne les retire jamais des conversations des autres. » Cette indépendance se traduit aussi au niveau des prévisions « qui ne vous disent rien sur l'avenir » et sur le métier d'analystes à côté desquels « les diseuses de bonne aventure ont fière allure ». Autrement dit, penser par soi-même est une démarche positive et complexe, où il ne s'agit pas non plus de faire forcément l'inverse des autres. De passif, l'investisseur devient actif en ne se laissant pas conduire par les modes ou le consensus. Dans son dernier rapport d'activité, le financier s'amuse du décalage entre l'extrême pessimisme des prévisions des experts pour 2009 et la magistrale envolée de 19 % du Dow Jones. De son côté, Berk-shire Hathaway a ignoré les Cassandre. Au plus fort de la crise, il a investi sans panique près de 15 milliards de dollars.

2-Acheter ce que l'on comprend

Warren Buffett n'a jamais caché son ignorance à l'égard des valeurs technologiques. Non parce qu'elles sont « inintéressantes » mais simplement parce qu'il ne comprend pas leur métier et que les multiples évolutions technologiques rendent ce créneau imprévisible. Dépassé, l'octogénaire ? Peut-être. Mais, privilégiant « le processus au résultat », il fait le choix de les éviter. Il se concentre sur l'ADN de groupes industriels où la compréhension du modèle économique se conjugue avec les talents de ses dirigeants. Au final, rien de très original si ce n'est une opinion bien tranchée et respectée depuis toujours. Sa célèbre recommandation : « Si vous ne connaissez pas les bijoux, connaissez le bijoutier », illustre toutefois la complexité de sa philosophie. En effet, précisant que « les bons jockeys obtiennent des bons résultats sur les bons chevaux mais aucun sur les canassons », il souligne l'importance des fondamentaux de l'entreprise. Enfin, le « sage » se méfie de l'effet de levier et des produits dérivés. Il les qualifie d' « armes de destruction massive » car le « risque vient du fait de ne pas connaître ce que vous faites ». L'histoire récente ne lui donne pas tout à fait tort.

3-Investir pour le long terme

Rome ne s'est pas construite en un jour. Pareil, il faut être patient quand on investit. Le raisonnement de Buffett consiste à choisir des entreprises qu'il sera « parfaitement heureux de posséder si le marché s'effondre pendant dix ans ». Il ne cherche ni à séduire Wall Street ni à miser dans des sociétés avec l'idée de tout changer : « Cela ne fonctionne pas mieux dans les sociétés que dans les mariages. » Résultat, il fuit les promesses de la spéculation à court terme pour se concentrer sur des sociétés pour lesquelles « notre durée de détention favorite est pour toujours ». Concrètement, ce sont des entreprises sur des métiers durables, ayant une position dominante et délivrant chaque année - et depuis longtemps -des profits réguliers.

Le portefeuille de Berkshire Ha-thaway à fin 2009 révèle que la fidélité de Warren Buffett à ses entreprises n'est pas un vain mot. Exemples, American Express, le « Washington Post » ou Coca-Cola comptent toujours parmi les actifs de Berkshire Hathaway tandis que les prises de participation remontent à 1964, 1976 ou 1988. Investir à long terme permet de s'affranchir de la fluctuation anxiogène des cours de Bourse à court terme. Surtout, en lissant les mouvements erratiques des marchés, la patience offre l'occasion de vérifier dans le temps la véritable valeur de l'entreprise. Reste à « trouver des entreprises dont il est possible de prédire l'activité à quinze ou vingt ans ».

4-Etre contrariant

« Soyez avide quand les autres sont craintifs et méfiant quand les autres sont euphoriques. Le moment d'acheter, c'est quand personne ne veut acheter. » Cette sentence n'est pas sans rappeler la frénésie d'achat de Warren Buffet en 2008 alors que les cours des actions étaient au plus bas.

Volontaire et opportuniste, « le sage » sait foncer quand le monde ralentit. Et s'il reconnaît que « le métier d'investisseur suppose de savoir rester parfois inactif », l'Américain sait aussi intervenir quand ses critères les plus exigeants sont satisfaits. Seules comptent des « compagnies extraordinaires à des prix ordinaires, et non des compagnies ordinaires à des prix extraordinaires ». Pour ce faire, il s'appuie sur la conviction de l'inefficience des marchés qu'il tente de déceler pour mieux l'exploiter. Au final, l'apôtre de l'approche contrariante ne fait ni plus ni moins que de distinguer le prix de la valeur : « Le prix c'est ce que l'on paie, la valeur c'est ce que l'on a. » Autrement dit, il opère avec une bonne marge de sécurité en fouinant les belles sociétés pas chères dont le potentiel viendra accroître la valorisation. Cerise sur le gâteau, il les acquiert souvent en période de baisse pour les vendre plus tard quand les marchés ont bien grimpé. Tout un art sachant que « si jamais vous vous retrouvez dans un bateau qui coule, l'énergie pour changer de bateau est plus productive que l'énergie pour colmater les trous ».

En définitive, ces règles sont-elles infaillibles ? Non, hélas. Et si Warren Buffett se montre prolixe en conseils, il sait aussi reconnaître ses erreurs. En fait, il a appris qu' « au cours de sa vie, il est impossible à un investisseur de prendre des centaines de bonnes décisions. Une seule par an suffit ». De quoi décomplexer ceux qui ne comprennent rien à des marchés où le vinaigre circule sur les tables aussi vite que le champagne.

 

Investir comme Warren Buffett

http://www.lesechos.fr/info/marches/020544326311-investir-comme-warren-buffett.htm

http://immobilier-finance-gestion.over-blog.com/

a-euros

Tag(s) : #Economie et société
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :