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Imaginons le pire des scénarios pour les salariés : devoir cotiser pour la retraite pendant 45 ans (contre 41 ans aujourd'hui) et ne pas pouvoir partir avant 63 ans, voire 68 ans pour toucher sa pension à taux plein (contre 65 ans aujourd'hui). Eh bien même cette hypothèse extrême de réforme ne suffirait pas à équilibrer le système des retraites. Elle ne couvrirait que 53% des besoins de financement de financement du régime général (la CNAV) en 2030 et un tiers en 2050*.

 

 

 

C'est la principale conclusion d'un nouveau rapport du Conseil d'orientation des retraites (COR) publié mardi 11 mai. De quoi alimenter les débats sur la réforme des retraites. Et donner du grain à moudre aux syndicats qui font de la retraite à 60 ans un droit intangible, "un acquis social", et réclament unanimement de nouvelles sources de financement pour les retraites.

 

Les revenus du capital contribuent déjà au financement de la protection sociale via la CSG (taux d'imposition de 8,2%), la CRDS (0,5%), la CSA pour la journée de solidarité pour les personnes dépendantes (0,3%), la contribution au financement du RSA (1,1%) et un prélèvement social de 2%. Ces prélèvements devraient rapporter quelque 13,6 milliards d'euros cette année, dont 700 millions d'euros pour la CNAV et 1,5 milliard pour le Fonds de solidarité vieillesse (FSV).

 

Les pistes envisagées :

Le gouvernement peut décider de créer une nouvelle taxe "retraite", ou bien augmenter le prélèvement social et affecter ces gains nouveaux au financement des retraites. Si l'on augmente de deux points le taux de ce prélèvement, le gain sera de deux milliards d'euros. On est encore loin du compte. Or le "trou" de la seule branche vieillesse du régime général devrait dépasser les 10 milliards d'euros en 2010 et 64 milliards d’euros en 2050.

 

Autre piste privilégiée par de nombreux parlementaires de l'UMP : sortir la CSG et la CRDS du bouclier fiscal. Difficile d'en évaluer aujourd'hui l'impact financier, mais ce n'est pas non plus cette mesure qui permettra de combler les besoins de financement des régimes de retraites (le coût total du bouclier fiscal était de 585 millions en 2009).

 

Une autre possibilité serait de taxer les pensions des retraités au même taux de CSG que les actifs ce qui rapporterait 3 milliards d'euros par an. Le taux de la CSG acquittée par les retraités est de 6,6% contre 7,5% pour les actifs. Il faut bien que tout le monde contribue….petit détail…les retraités votes massivement…(30% des moins de 30 ans votent systématiquement contre plus de 50% des plus de 60 ans – données INSEE).

 

 

Une dernière piste : la hausse des taux de cotisation à l'assurance vieillesse pourrait être compensée par une baisse des cotisations à l'assurance chômage. Selon le COR, le transfert pourrait atteindre entre 0,15 et 0,4 point de PIB, dans l'hypothèse d'un retour dans le vert des comptes de l'Unedic à l'horizon 2010 – soit entre 4 et 10 milliards d’euro.

 

Conclusion :

 

Sur les 64 milliards d’euros « qu’il manquerait » à nos régimes de retraite en 2050, ces mesures cumulées réduiraient l’ardoise de 23.5 milliards d’euros….reste à trouver environ 40 milliards d’euros d’ici là…d’autres mesures à envisager ?

 

 

 

 * Le COR se place pour ce chiffrage dans le scénario économique intermédiaire - avec notamment un taux de chômage à 4,5 % = du jamais vu en France….très très optimiste le COR.

 

aretraite

 

 

 

 

http://www.lemonde.fr/economie/article/2010/05/11/augmenter-la-duree-de-cotisation-ne-suffira-pas-a-combler-les-deficits-des-retraites_1350021_3234.html

 

 

 

 

 

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/travailler-jusqu-a-68-ans-ne-suffira-pas-a-financer-les-retraites_232122.html

 

Tag(s) : #Retraite
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