Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le gouvernement a fait parvenir aux syndicats un document d'orientation sur la réforme des retraites. Augmenter la durée d'activité est « la seule solution à la fois juste et efficace », estime l'exécutif. La contribution sur les hauts revenus et les revenus du capital sera exclue du bouclier fiscal pour les particuliers.

 

0519-retraite.jpg

 

Après plusieurs semaines de poker plus ou moins menteur, le gouvernement abat ses premières cartes sur la réforme des retraites. Sans montrer tout son jeu, loin de là. Hier soir, l'Elysée et le ministère du Travail ont fait parvenir aux syndicats le très attendu document d'orientation sur la réforme. Ce document de 17 pages pose le principe d'un retour à l'équilibre des régimes de retraites à l'horizon «  2020 ou 2030 ». Ce qui laisse entrevoir une réforme particulièrement ambitieuse, car le seul report de l'âge légal du départ ne suffira pas à combler les déficits (voir graphique). Sans entrer dans le détail des mesures qui seront prises, le document énumère 14 « engagements ».

Il faut d'abord « apporter une réponse principalement démographique » aux déficits, « en augmentant la durée d'activité ». C'est « la seule solution à la fois juste et efficace ». Cette augmentation s'étalera « sur plusieurs années ». Recul de l'âge de départ ou augmentation de la durée de cotisation ? L'exécutif ne tranche pas à ce stade. Mais il énumère tout de même les avantages du report de l'âge légal. « Par rapport à l'augmentation de la durée de cotisation, ce levier ne pénalise pas ceux qui entrent plus tard sur le marché du travail, argumente-t-il. Augmenter uniquement la durée de cotisation les expose au risque de ne pas avoir tous leurs trimestres à l'âge de 60 ans, et concentre donc sur cette partie des actifs le choix entre une retraite moindre (application de la décote) ou un départ à la retraite après 60 ans. » Toucher à l'âge légal pénaliserait, en revanche, « les demandeurs d'emploi les plus âgés », pour lesquels il faudra donc prévoir « un dispositif » spécifique.

L'exécutif écarte la piste, évoquée ces dernières semaines, de « l'âge pivot », qui aurait conduit à créer une décote de grande ampleur pour les départs à 60 ans, sans toucher formellement à l'âge légal. C'est «  totalement incompatible avec notre engagement à ne pas baisser les pensions ».

Très vague sur la pénibilité

Le gouvernement rappelle une nouvelle fois qu'il écarte « toute hausse générale des impôts ou des cotisations sociales ». Conformément à l'annonce de Nicolas Sarkozy, une « contribution supplémentaire sur les hauts revenus et les revenus du capital » sera mise en place, et exclue du bouclier fiscal (lire ci-dessous).

Le dispositif « carrières longues », qui permet aux salariés qui ont commencé à travailler très jeunes de partir avant l'âge légal lorsqu'ils ont suffisamment cotisé, devrait être prolongé et ajusté. «  Il faut maintenir le dispositif en l'état, c'est-à-dire avec 43 ans de durée de cotisation », réagit Jean-Louis Malys (CFDT).

 Le gouvernement reste très vague sur ses intentions concernant la pénibilité et l'emploi des seniors, deux questions clefs pour les syndicats et la gauche. Tout comme sur la fonction publique, dont les « règles spécifiques » font l'objet « d'une concertation ». Le gouvernement laisse entendre qu'il ne touchera pas aux règles propres aux régimes spéciaux (SNCF, RATP…). Les évolutions de ces régimes devront en tout cas respecter « le calendrier » de la réforme de 2007 -autrement dit, celui-ci ne sera pas accéléré.

Les partenaires sociaux attendaient avec impatience ce document d'orientation, qui doit ouvrir une nouvelle séquence de concertation. Eric Woerth recevra cette semaine Laurence Parisot (Medef), Jean-François Roubaud (CGPME), Jean-Claude Mailly (FO) et François Chérèque (CFDT), tandis que les autres rendez-vous sont en cours de calage.

Sur le même sujet

 

 

« Après la publication de ce document d'orientation, on espère entrer enfin dans le vif du sujet », explique Eric Aubin (CGT).  « C'est un document qui reste plutôt vague mais confirme que le gouvernement veut jouer presque exclusivement sur l'âge de départ et la durée de cotisation, malgré nos nombreuses propositions », critique Jean-Louis Malys. « Le gouvernement reconnaît qu'il faudra à la fois des mesures d'âge et de nouvelles recettes, ce qui nous satisfait, même si les nouvelles recettes risquent de ne pas être suffisantes », réagit Danièle Karniewicz, la présidente (CGC) de la Caisse nationale d'assurance-vieillesse.

C'est l'heure de vérité pour les syndicats. Après le semi-échec des mobilisations du 23 mars et du 1 er mai (non négligeables mais pas à même d'instaurer un vrai rapport de forces), l'intersyndicale (CGT, CFDT, FSU, Unsa, Solidaires) mise gros sur la prochaine journée d'action, le 27 mai. « Si on se rate, on sera très mal et un boulevard s'ouvrira jusqu'à la rentrée », confient plusieurs leaders. Or, estiment-ils, « mobiliser sur des orientations floues est très difficile. » Ils misent dès lors sur ces premières annonces de l'exécutif pour lancer véritablement le mouvement.  « Dès que les salariés réaliseront les sacrifices impliqués par la réforme en préparation, ils se mobiliseront », veut croire la CGT. La CFTC devrait confirmer aujourd'hui qu'elle participera aux mobilisations du 27 mai. A l'inverse de FO, qui continue à faire cavalier seul.

 

Retraites : hausse durée d'activité et nouveaux prélèvements

http://www.lesechos.fr/pme/social/020543112540-retraites-hausse-de-la-duree-d-activite-et-nouveaux-prelevements-au-menu-de-la-reforme.htm

http://immobilier-finance-gestion.over-blog.com/

Tag(s) : #Retraite
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :