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174c2cec-5d31-11df-a6ee-ba3b22f5467a.jpgPour ceux qui n'avaient pas encore compris l'ampleur des efforts à prévoir pour sauver les retraites par répartition, le Conseil d'orientation des retraites (COR) a précisé mardi ses chiffrages de la mi-avril. L'instance a évalué plusieurs scénarios, visant tous à retarder le moment du départ en retraite. Des pistes «illustratives» qui ne constituent pas «des propositions de réforme » car «certains membres ont exprimé leur désaccord», insiste le COR. Qui conclut surtout qu'aucune de ces hypothèses ne permettra, à elle seule, d'équilibrer les comptes…

Première variante principale : l'allongement de la durée de cotisation. Il s'agit de prolonger au-delà de 2020 la logique de la loi Fillon : maintenir constant jusqu'à cette date le rapport entre durée de carrière et durée de retraite, en tenant compte de l'espérance de vie. Cette logique doit aboutir à une durée de cotisation de 41,5 ans en 2020, contre 40,5 ans actuellement. On passerait ainsi à 43,5 ans en 2050. Par nature, cette mesure ne commencerait à réduire le «trou» prévu des caisses de retraite qu'à partir de 2020. Mais ses effets seraient de plus en plus visibles au fil du temps, jusqu'à combler 14 % du besoin de financement en 2050.

 

 

Une cagnotte de 70 milliards 

Deuxième variante principale : reporter dès aujourd'hui l'âge à partir duquel chacun a le droit de toucher une pension de retraite («âge légal», actuellement fixé à 60 ans ) et l'âge qui permet d'obtenir un taux plein, quelle que soit sa durée de cotisation (65 ans jusqu'ici). Sans surprise, cette piste serait plus efficace dans un premier temps. Elle permettrait de résoudre presque 40 % du problème financier en 2025-2030. Ensuite, son effet s'atténuerait car, privés de la possibilité de cesser le travail à 60 ans, de plus en plus d'actifs obtiendraient «tous leurs trimestres». D'où une hausse des pensions. Le COR souligne surtout que, sans amélioration de l'emploi des seniors, cette piste plomberait les comptes de l'assurance-chômage ou maladie.

Troisième variante principale : combiner les deux précédentes. Cela couvrirait un peu plus les besoins financiers, mais toujours pas totalement. Le COR a ensuite testé des «sous-options». Mais même la plus sévère (âge légal à 63 ans et durée de cotisation à 45 ans) ne boucherait que 54 % du «trou» ! «Des résultats limités pour un coût social exorbitant» , réagit la CGT.

Le Conseil rappelle d'ailleurs les deux autres leviers possibles pour équilibrer les comptes : baisse des pensions par rapport aux salaires et nouvelles sources de financement. Il ne détaille pas ces possibilités mais apporte deux précisions. D'abord, si le Fonds de réserve des retraites (la «cagnotte» mise sur pied par le gouvernement Jospin) continuait à recevoir les mêmes ressources qu'actuellement, il détiendrait environ 70 milliards en 2020. Un montant non négligeable, mais utilisable une seule fois. Ensuite, la baisse des cotisations Unedic envisagée par la réforme Fillon pour 2008-2010, mais rendue impossible par la crise, pourrait être appliquée à partir de 2015-2020 sans fragiliser l'assurance-chômage. Cela permettrait d'augmenter de 3 à 8 milliards d'euros les ressources de l'assurance-vieillesse, sans alourdir le total des prélèvements obligatoires.

Faute de temps, ces chiffrages ne concernent que la Cnav (retraite de base du privé), l'Arrco (retraite complémentaire) et la fonction publique d'État. Soit 70 % des pensions versées chaque année.

Tag(s) : #Retraite
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