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Nous étions perplexes mercredi matin en voyant les indices européens rouvrir en repli de -1,5% (tout comme la veille d’ailleurs) puis engranger +1,2% dans l’heure qui avait suivi. La France venait en effet d’annoncer une croissance anémique de +0,1% au 1er trimestre 2010, au lieu de +0,3% prévus, alors que la récession en 2009 était symétriquement revue à la hausse à -2,5%.

L’Allemagne a en revanche surpris les économistes en annonçant une progression de +0,2% qui déjoue tous les pronostics (le consensus tablait sur un score nul) mais cette hausse du PIB semble découler de la fiction statistique (retraitement de l’effet stock et de l’investissement industriel, rehaussement de la contribution des exportations) alors que les dépenses des ménages se contractent sérieusement sur fond de déprime du secteur de la construction.

Mais l’Italie fait encore plus fort avec une hausse de 0,6% du PIB (contre une anticipation de +0,1 à +0,2%) alors que la consommation ou le secteur du bâtiment ne sont pas plus dynamiques qu’en France ou en Allemagne. Des touristes aux poches pleines de devises fortes (dollar, yen, roupie) auraient-ils déferlé sur Venise, Rome ou Florence sans que les marchés s’en soient aperçus ?

Austérité espagnole et voracité spéculative

Le sursaut de +3,3% de l’Eurostoxx 50 -l’indice qui nous préoccupe aujourd’hui- s’est, en réalité, amorcé non pas avec une publication du PIB italien mais bien avec l’annonce par l’Espagne de mesures complémentaires au plan d’austérité dévoilé il y a deux mois -alors que son PIB aurait malgré tout progressé de +0,1% au 1er trimestre.

Sous la pression des marchés, le chef du gouvernement socialiste espagnol José Luis Zapatero vient d’opter poru une cure d’austérité radicale portant sur un montant de 15 milliards d’euros supplémentaires, en plus d’un plan initial de 50 milliards d’euros.

Et ce sont une nouvelle fois les simples citoyens -et les consommateurs- qui vont trinquer avec un gel de la revalorisation des retraites en 2011, la suppression de l’aide à la naissance de 2 500 euros instaurée en 2007 puis la réduction de 5%, en moyenne, des salaires des fonctionnaires à partir de juin prochain.

Cette potion amère, c’est effectivement du miel pour les spéculateurs qui misent sur un rebond de l’euro. Ils se fichent bien de savoir si l’Espagne va retomber en dépression et valider notre scénario de reprise en W mais qui, sur le moyen ou le long terme, risque de s’apparenter à une déflation à la japonaise ainsi qu’à une récession tout à fait classique -Madrid étant incapable de finaner une relance par le biais d’un endettement massif comme le firent les autorités nippones de 1991 à 1998.

Sur la nouvelle, l’euro s’est redressé vers les 1,27$ mais il est rapidement retombé vers les 1,267$ et l’Eurostoxx 50 a reperdu la moitié de ses gains après avoir testé les 2 780 points, son meilleur niveau depuis le plancher intraday inscrit le 3 mai dernier. L’Eurostoxx 50 retrouve ses niveaux du 2 mars (alors qu’un gap s’était ouvert entre 2 730 et 2 737 points la veille) mais également du 28 avril -juste avant le rebond technique qui permit de refermer le gap des 2 838 points.

Hypothèses et perspectives sur l’Eurostoxx 50

L’indice -qui suit les variations de l’euro comme son ombre- teste maintenant vers 2 750 points sa moyenne mobile à 15 jours (celle qui permet le mieux d’identifier les ruptures ou les accélérations haussières à court terme) est à la croisée des chemins.

Soit le test des 2 500 points (qui coïncide plus ou moins avec les sommets de début juin 2009) était un simple accident graphique ou un “bear trap” (piège à ours) et une remontée au contact de la MM150 qui gravite vers 2 840 points est possible.

Soit le M baissier sous les 3 030 puis 3 020 points a bien été validé par la cassure du plancher des 2 630 points du 5 février et le rebond actuel constitue une opportunité inespérée de jouer un scénario baissier et une rapide rechute vers le palier des 2 680 points puis des 2 500 et enfin 2 280 points, c’est-à-dire le plancher du 10 juillet 2010.

Graphique Eurostoxx 50

Mais si le scénario constitue une sorte de réplique de la correction de l’excès d’euphorie de juillet puis octobre 2007, alors nous serions tout heureux de ne pas revoir les 2 000 points avant le milieu de l’été et les 1 765 points avant octobre. De ce point de vue, les oscillateurs mensuels et l’inflexion des moyennes mobiles longues (à 250 jours ou à 100 semaines) font froid dans le dos.

 

Si l’EuroStoxx 50 a bien validé un M, les bulls vont ruminer !

http://www.moneyweek.fr/20100530806/conseils/indices-conseils/eurostoxx-france-croissance-recession/

http://immobilier-finance-gestion.over-blog.com/

Tag(s) : #Economie et société
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